Interview avec Moussa Bintou Kaba / Choix des clubs guinéens pour les coupes africaines : «Pour moi, nous n’avons pas faussé les calculs», a dit à La Lance Moussa Bintou Kaba de la Féguifoot

La semaine dernière, nous avons rencontré Moussa Bintou Kaba, membre du comité exécutif, président de la commission des arbitres de Guinée, vice-président de la commission des finances de la Féguifoot , ancien arbitre assistant et instructeur des arbitres à la CAF et à la FIFA. Pour parler du football guinéen en général et de l’arbitrage guinéen et africain en particulier.

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La Lance: Depuis plus de trois mois, le monde est secoué par la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus qui a endeuillé plusieurs familles et qui a conduit aussi à l’arrêt toutes les activités dont le football. Quel a été le combat mené par la Féguifoot dans la riposte contre le Covid-19 en Guinée ?

Moussa Bintou Kaba: Quand l’humanité a été frappée par la maladie du Covid-19, toutes les activités, comme vous l’avez dit, ont été arrêtées en général, particulièrement le football qui nous concerne. Donc, la Guinée aussi n’est pas restée en marge. Nous avons pris le devant aussi. La Fédération guinéenne de football a arrêté le championnat national avec la Ligue guinéenne de football professionnel et toutes les activités liées à la discipline. C’est le service minimum qui est assuré au sein de notre institution. Le secrétariat général et quelques personnes vont au siège, pour ne pas qu’on ferme la boîte. Parmi les actes que nous avons posés en tant que Fédération Guinéenne de Football, par la clairvoyance de notre président Mamadou Antonio Souaré, figure l’achat de kits que nous avons distribués aux huit ligues régionales de football de Guinée. Nous leur avons aussi accordé une assistance financière et leur avons expliqué l’importance des mesures de barrières sanitaires qui doivent être respectées, pour éviter la maladie. Voilà d’une manière générale, les précautions prises par la Féguifoot contre le coronavirus.

Cette crise sanitaire a mis à l’arrêt tous les championnats du monde. Aux dernières nouvelles, le championnat guinéen a été définitivement arrêté, le choix des équipes a été fait pour les deux coupes africaines. Qu’en dites-vous?

Certains dirigeants de clubs ont fait des sorties au niveau des médias, des réseaux sociaux, pour essayer de donner leurs points de vue par rapport aux choix faits par la Ligue professionnelle et la Fédération. Je pense qu’il n’y a pas de polémiques dans cette affaire, parce que nous sommes dans une période d’exception. Et comme telle, ce sont des mesures d’exception que nous devons prendre. On est très clair, grâce à l’un de nos éléments ayant contribué à notre bilan. Grâce aux performances du Horoya AC, la Guinée a obtenu quatre places au niveau des compétitions des clubs africains. Donc, pour les quatre places-là, il est dit dans notre règlement, que les trois premiers du championnat doivent représenter la Guinée en compétitions africaines : les deux premiers en Ligue des champions, le troisième doit accompagner le détenteur de la coupe nationale. Donc, si tel est le cas, le problème se situe à deux niveaux. Premièrement, le championnat guinéen a été joué jusqu’à la quatorzième journée, mais celle-ci ne s’est pas terminée. Quand une journée n’a pas été terminée, cela veut dire qu’elle n’est pas validée. Celle qui a été validée, c’est la treizième. Donc, de la première à la treizième journée, tout le monde est unanime que c’est à partir de là qu’on doit prendre les trois représentants. C’est pourquoi des clubs se sont retrouvés dedans et d’autres non. Ça, c’est le premier élément. Deuxième élément, le championnat est organisé par qui ? Par la Ligue professionnelle. C’est un pouvoir délégataire de la Fédération. Nous leur avons octroyé une partie de nos prérogatives, donc ils sont autonomes par rapport à la gestion du championnat. Elle a organisé et nous a donné les noms des trois premiers. Le représentant légal dans notre statut, c’est qui ? C’est le détenteur de la coupe nationale. La coupe nationale est organisée par la Fédération, le championnat est organisé par la Ligue. Mais, il se trouve aussi qu’on n’a joué aucun match de la coupe nationale, où on doit prendre le dernier club. Quitter chez nous ou aller prendre le quatrième du championnat ou faut-il voir le détenteur de la coupe nationale de l’année passée ? Mais, comme ce n’est pas la même chose, normalement, le représentant légal de la coupe CAF est le détenteur de la coupe nationale. Donc, on s’est dit que cette compétition n’a pas été jouée. Il faut se référer aux résultats de l’année passée. Et l’année passée, le Horoya et le CIK ont joué la finale. Heureusement, comme le Horoya est champion et détenteur en même temps de cette coupe, il ne peut pas laisser la Ligue des champions pour venir dans la coupe de la confédération. Le perdant va automatiquement le remplacer, mais chacun a interprété à sa façon, c’est normal. Dans une période d’exception, c’est une solution d’exception que nous envisageons. Je vais vous donner deux exemples pratiques. Je lance un appel d’offre pour faire une activité. L’appel d’offre-là n’a pas eu lieu ou n’est pas arrivé à terme, pour cause de problèmes. On arrête cet appel d’offre, mais il se trouve que j’ai déjà une entreprise qui a travaillé auparavant pour moi. Donc, dès que ce genre de scénario se présente, je la choisis immédiatement, parce que je la connaissais déjà.

D’aucuns estiment que comme c’est une période d’exception, il fallait prendre les quatre meilleurs du championnat… 

On ne peut pas faire cela, pour la simple raison que dans notre règlement intérieur, ce sont les trois premiers clubs qui doivent accompagner le détenteur de la coupe nationale. Si on n’a pas fait de magouille au niveau de ces trois premiers clubs, cela veut dire que les choses ont été respectées. Il n’est dit nulle part que le quatrième du championnat doit nous représenter en coupes africaines. Pour moi, nous n’avons pas faussé les calculs. Si on avait failli aux principes, j’aurais été d’accord avec ces gens qui nous critiquent. 

Voulez-vous dire que ce sont les lois et les principes qui ont été respectés ?

Justement, ce sont les principes qui ont été respectés pour le choix des trois premiers clubs. Le choix des trois premières  équipes est obligatoire. Et, comme je l’avais dit précédemment, c’est une période d’exception, c’était à nous de voir, pour le choix du quatrième club qui est tombé sur le CIK, finaliste de l’année dernière au détriment du Horoya AC, champion. L’élément fondamental de la coupe de la CAF, c’est le détenteur de la coupe nationale ou son adversaire. Et l’organisatrice de cette compétition, c’est la Fédération.

Bien de personnes accusent la Féguifoot  d’être trop laxiste par rapport à ce quatrième choix et que vous n’avez fait qu’entériner la décision de la Ligue. Est-ce que vous vous êtes  entretenus au préalable sur le choix à faire ?

Oui! La ligue ne peut statuer que sur les trois représentants, parce qu’elle organise le championnat. Le choix du quatrième représentant est dans les fonctions régaliennes de la Féguifoot . C’est d’ailleurs, à travers une téléconférence (c’est une innovation), que chacun a donné son point de vue. La majorité est allée dans le même sens. C’est ce qui explique qu’on a entériné la décision de la Ligue.

Parlons à présent de la Féguifoot. Depuis trois ans, une nouvelle équipe est mise en place. Elle est présidée par Mamadou Antonio Souaré. Beaucoup de choses ont été faites mais beaucoup de choses restent à faire. En tant que membre de cette institution, que peut-on retenir en termes de bilan ?

Le bilan de la Féguifoot est un bilan élogieux, c’est visible. Premier bilan, la création des académies dont celle de Conakry est opérationnelle. Pour une bonne gestion, nous avons recruté un expatrié avec Chérif Souleymane. Les enfants y sont logés, nourris et ils suivent les cours. Cela veut dire que le football quitte la rue et vient en classe. Deuxième acquis, c’est la formation. Depuis que nous sommes aux affaires, nous sommes le premier pays africain à avoir fait cela, entre 2017 et 2018, deux stages à l’intention des arbitres. Sinon chaque Fédération fait une session de formation  par an. La Guinée a été le premier pays a initié deux stages l’année dernière, tout cela grâce au préfinancement de monsieur Mamadou Antonio Souaré.

Troisième réalisation, c’est le changement de l’indice  du football guinéen. Si les gens parlent aujourd’hui, il faut le troisième ou quatrième du championnat, c’est grâce au Horoya AC qui a fait des performances sur le plan africain. Donc, le changement de l’indice du football guinéen au niveau de la CAF et de la FIFA est un bilan. Un autre bilan, quand on a été élu le 28 février 2017, on a participé éliminatoires de la coupe d’Afrique des nations et on a joué une seule CAN à notre temps d’abord en 2019 où le Syli a été éliminé en huitièmes de finales. Il faut aussi ajouter la qualification de la Guinée au CHAN 2020, même si cela n’est  pas encore joué à cause de cette pandémie, mais nous sommes qualifiés. A cela, s’ajoute la délocalisation des assemblées générales de Conakry pour l’intérieur du pays. C’est une première à la Féguifoot. Kindia a été la première ville à abriter l’assemblée. L’an passé, nous étions à Labé et cette année, nous étions à Kankan. Un autre élément important à ajouter, c’est le stade de Nongo où les travaux sont presque achevés, nous attendons l’homologation de ce stade. Voilà quelques résultats du bilan de Monsieur Souaré et son équipe.

Malgré tout, d’aucuns soulignent que durant ces trois ans, vous n’avez géré que des crises et des problèmes administratifs. Qu’en dites-vous ?

A notre arrivée, le football guinéen n’était pas assaini, donc, quand tu viens dans une maison qui est sale, il faut la rendre propre. C’est cet assainissement que nous sommes en train de faire à travers la justice, en prenant des sanctions afin de rendre les choses propres pour nous et pour les générations futures. Ceux qui le disent l’interprètent mal. Nous avons trouvé une maison pourrie où il n’y avait  pas de compte-rendu financier, pas de sanctions. Pour certains, c’est la chasse aux sorcières. Loin de là !

Selon vous, qu’est-ce qui reste à faire pour que le bilan soit à la hauteur des attentes ?

Ce qui reste à faire, chacun peut certes penser à sa façon. Pour ma part, nous voulons avoir plus de places dans les compétitions africaines, soulever une coupe avant la fin de notre mandat. Nous voulons pouvoir faire cela avec le Horoya qui est qualifié pour les demi-finales de la coupe CAF et avec Lappé Bangoura et ses poulains au CHAN.

Arbitrage guinéen : « La relève est assurée je suis convaincu » (Pour la deuxième page)

En tant qu’ancien arbitre, que peut-on retenir de l’arbitrage guinéen ?

On peut en retenir, premièrement, le rajeunissement du corps arbitral. Parce que quand nous sommes arrivés à la Féguifoot, le président de la fédération a mis un accent particulier sur la formation. Nous avons fait beaucoup de formations et nous avons rajeuni ce corps. Deuxièmement, le nombre d’instituteurs au niveau de la CAF a augmenté. A notre arrivée en 2017, il n’y avait que Mamadouba Camara dit « Engagé » et moi, comme instituteurs au niveau de la CAF et de la FIFA au compte de la Guinée. Aujourd’hui, il y a une dizaine qui sont reconnus par la CAF et par la FIFA comme instituteurs et inspecteurs d’arbitres. Autres résultats, c’est notre participation à la dernière CAN en Egypte 2019 où il y avait un arbitre assistant guinéen qui vient de l’intérieur du pays en l’a personne de Sidibé Sidiki de Kankan, la participation des arbitres guinéens aux différents tournois de l’UFOA. Sur quatre finales, la Guinée en a eu trois. Ce qu’on peut aussi dire de l’arbitrage guinéen, c’est sa participation aux jeux africains au Maroc en 2019 où notre sœur, Fantagbè Kaba, a été en demi-finales  et au match de classement. Quand on arrive au match de classement, ça veut dire qu’on a gagné le pari. 

Il y en a qui estiment pourtant que depuis la retraite de Aboubacar Mario Bangoura, Aboubacar Doumbouya, Yakhouba Keita et vous-même, que l’arbitrage guinéen est en chute libre, que la relève n’est pas du tout assurée. Qu’est-ce que vous leur direz?

Ceux qui parlent ainsi doivent comprendre que nous traversons une période de transition. Dans la vie de l’être humain, on ne forme pas une personne en un seul jour. Ce que les gens disent,  il y a une part de vérité, on est parti d’une génération qui était arrivée à son apogée, à son paroxysme. Cette génération, c’était nous. Dans cette génération , il y avait Yakhouba Kéïta, Mario Bangoura, Aboubacar Doumbouya, Mohamed Lamine Soumah, Diané Alhassane, Babou, Thérèse, Daloba Oularé, Joseph et j’en passe. On était  nombreux. Donc, il y a une nouvelle génération qui doit prendre la relève, c’est comme l’armée, il y a des grades, il y a des évolutions. C’est comme quand une équipe arrive à un niveau de football, il faudra attendre deux ans, trois ans voire quatre ans pour qu’on trouve une bonne équipe. Donc, nous sommes en train de traverser cette phase de transition et la formation humaine, ce n’est pas dans l’instantanéité. Nous ne sommes pas en chute libre, c’est une phase de transition pour remonter encore. Il y a des arbitres d’élite A, d’élite B, et les jeunes talents. Ceux-là  qui viennent de quitter étaient de l’élite A. Maintenant en Guinée, l’élite A, c’est ceux- là qui officient les éliminatoires de la coupe d’Afrique, de la Coupe du monde et les phases de poules des coupes interclubs. Nous, notre génération a quitté, c’est celle de Sékou Touré, Sidibé Sidiki, Baba Léno qui était de l’élite B. Malheureusement, il a eu des sanctions et s’il n’était pas sanctionné, il serait en coupe d’Afrique des nations avec Sidiki Sidibé en Egypte au Caire. Malheureusement, il a été sanctionné par la CAF pour cause de corruption. Donc, c’est une petite phase. Le temps qu’on a mis déjà est court, car les Mario Bangoura ont quitté en 2018-2019, cela fait un an, c’est trop tôt de parler et c’est impossible de les faire remplacer pour les phases finales d’une coupe d’Afrique. Même si je suis le président de la commission, je n’allais pas le faire, parce qu’il y a d’autres arbitres africains qui ont encore  de l’expérience.

Vous qui êtes  du domaine, est-ce que l’espoir est permis pour la relève ?

Pour être franc avec vous, l’arbitrage c’est ma vie, ma passion. Je vous dis qu’il y a des jeunes arbitres  aujourd’hui en Guinée qui peuvent nous dépasser et je suis convaincu de cela. Quand je prends un jeune comme Younoussa Tawel, c’est un arbitre dont l’Afrique parlera, Sidiki lui, il a déjà fait ses preuves. Quand je prends un jeune comme Konaté Bangaly, il promet. Il y’a un jeune qui n’est pas encore international, s’il continue sur cette lancée, je pense  qu’il sera un grand arbitre. C’est Keita Mohamed Lamine. Il y en a d’autres comme les Sékou Touré qui est le patron du peloton aujourd’hui et c’est lui qui tire tout le monde avec Sidibé Sidiki. Il y a Tèrè Mamady qui, après Sidiki est le meilleur assistant guinéen. Il y a Abdoulaye Sylla de Kamsar qui est en train de faire du bon boulot. Ce sont des jeunes avec lesquels la relève sera assurée, mais il faut donner le temps au temps. D’ici 2021-2022, vous aurez nos représentants ; si Sidiki était un arbitre comme Baba Léno, le problème-là n’allait pas se poser, comme il est un assistant, c’est pourquoi ça passe inaperçu et un arbitre est égal à  un arbitre. Donc, comme les gens veulent avoir obligatoirement un arbitre en phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations, la prochaine fois, on verra ce qui va se passer. On est en train de travailler, la CAF sait que nous travaillons, la commission des arbitres de la FIFA sait que nous travaillons. Donc, quand tu travailles, tu t’attends à un résultat, la relève est assurée je suis convaincu, surtout sur le plan intellectuel. Parce que la différence entre eux et nous , c’est qu’à notre temps, je ne vais pas citer de noms, certains parmi nous n’étaient pas lettrés même s’ils étaient de grands arbitres, mais ils ne pouvaient pas lire entre les lignes au niveau des lois du jeu. Mais,  les jeunes arbitres dont je vous parle actuellement, certains sont des enseignants, des professeurs, ce sont des cadres et ils lisent entre les lignes, parce que pour appliquer une loi, il faut la comprendre d’abord ; et eux, ils comprennent, ils sont plus intellectuels que nous, ils sont encore frais. Cela veut dire qu’ils sont conscients, tous les atouts sont là.

Après l’arbitrage guinéen, parlez-nous de l’arbitrage africain sur le plan mondial…

Je  pense qu’aujourd’hui, l’arbitrage africain se porte mieux qu’au  temps de nos devanciers, pour la simple raison que la dernière Coupe du monde qui été jouée en Russie, si je ne me trompe, tout le monde avait vu la performance des arbitres africains, surtout la prestation du sénégalais Malang Dhiédiou. Ce qu’il a fait et ce qu’il a démontré était du haut niveau. Cela  veut dire que l’arbitrage africain se porte très bien. Les meilleurs instituteurs du monde aujourd’hui sont africains. Avant la génération des Fodé Capi Camara, que la terre lui soit légère, Engagé Camara, Mamadou Sacko, Colonel Zakaria, les meilleurs instituteurs étaient européens; mais aujourd’hui, les meilleurs instituteurs du monde sont africains. Je vais vous donner des exemples : Maître  Li de l’Île Maurice est l’un des meilleurs du monde aujourd’hui, c’est lui qui a les cassettes, les matières didactiques du monde de l’arbitrage. Nous, à notre temps, toutes les images qu’on avait, c’était des images des pays européens, de la Coupe du monde, quelques rares images de la Coupe d’Afrique, de l’UFOA et les compétitions continentales. Mais aujourd’hui, on enseigne les arbitres à travers les images du championnat national, les images des éliminatoires des coupes du monde, des coupes d’Afrique, de la coupe de la CAF et de la Ligue  des champions africaine. Ça, c’est à leur actif, parce qu’on a révolutionné l’arbitrage africain grâce à ces instituteurs-là.

Peut-être que vous voudriez aborder un point qu’on n’a pas évoqué auparavant, pour terminer cet entretien?

Je voudrais lancer un appel aux amateurs du football. Ils doivent s’intéresser aux acteurs du football, aux lois du jeu, surtout les clubs, parce que des fois , nos arbitres sont taxés de corrompus par la méconnaissance des lois du jeu. Nous leur avons dit, à travers les ondes, que les portes de la commission des arbitres sont ouvertes à tout le monde,  pour donner des cours d’arbitrage. Cette année encore, il y a eu de nouvelles modifications. L’année dernière n’a pas été comprise. Cette année-là, la FIFA vient de nous envoyer d’autres modifications. On est en train de lire d’abord en tant qu’instituteurs et inspecteurs d’arbitres, avant de faire la restitution aux arbitres. Il y a encore d’autres modifications. On a dit aux clubs et aux présidents de clubs de nous écrire ou de nous appeler, mais ils nous appellent seulement quand ils perdent, la plupart, et c’est pour attaquer. Mais quand ils gagnent, personne ne m’appelle. Selon eux, quand un arbitre juge une action, eux, par méconnaissance, ils font d’autres jugements par rapport à cette même action.

Deuxième problème, c’est au niveau du public guinéen. Si tu vois que Barça est Barça, Real est Real, ou Paris Saint Germain est Paris Saint Germain, c’est  parce que les gens viennent au stade. Donc, le public guinéen doit venir au stade. Quand il vient au stade, il fait entrer de l’argent dans la caisse de ces joueurs-là. Et cela leur permettra d’être bien payés et il y aura de l’engouement dans le championnat guinéen. Quand tu pars chez les arabes, les gens viennent au terrain. Pourquoi pas l’Afrique noire ? Chez nous, les gens aiment trop parler, ils aiment dire que le football guinéen n’avance pas et que les joueurs guinéens ne font rien. Qu’est-ce qu’ils font en retour, pour le progrès de ce football guinéen ? Mais, quand tu viens dans un stade, tu payes un ticket de mille francs, de deux mille francs ou de cinq mille francs, tu as contribué au développement du football guinéen. Donc, c’est cet appel là que je lance au niveau du public guinéen.

Le troisième élément, c’est d’encourager le président Mamadou Antonio Souaré. Je parle sans ambages. J’ai été membre du Comité de Super V Camara, mais ce que fait Monsieur  Souaré fait c’est énorme, il ne fait qu’aider le football guinéen, il mérite d’être encouragé. Il donne, mais en contrepartie il ne reçoit pas. Je parle entre Dieu et moi, dans un mois saint, c’est rare de voir et impossible de trouver un africain ou un guinéen jeter son argent, sans attendre quelque en retour. La création de « CIS Médias » aujourd’hui qui est dans le bouquet Canal+, fait partie aussi de notre bilan. Tu peux rester à Paris et suivre le championnat guinéen. Avant,  il n’y avait rien. Voilà ce que je voulais dire pour terminer notre entretien.

Je vous remercie !

Entretien réalisé par

N’Famara Bangoura

Source : La lance

Nfamara Bangoura

Nfamara Bangoura

Mr Bangoura Nfamara est journaliste sportif et Rédacteur en Chef du site Stade28.com. La Rédaction :+224622376060

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